Donner son rein à un inconnu | ARTE Regards
Il y a vingt ans, les Pays-Bas ont lancé le premier programme d'échange de reins appariés en Europe, permettant à des donneurs familiaux incompatibles d'échanger des organes au sein de chaînes complexes pour sauver des vies, comme l'illustre Vera Van der Horte qui a fait don de son rein à un inconnu afin d'obtenir un greffon compatible pour son fils Roy. Ce système gère aujourd'hui des chaînes impliquant huit patients répartis dans plusieurs hôpitaux, réduisant considérablement les délais d'attente par rapport à des pays comme l'Allemagne où ces échanges restent légalement restreints. Si les patients néerlandais bénéficient d'un accès immédiat à des donneurs vivants, les receveurs allemands font face à des délais moyens de 8 à 10 ans pour des greffons provenant de donneurs décédés, avec près de 6 400 personnes actuellement sur la liste d'attente nationale. Ce contraste met en lumière comment les cadres législatifs dictent directement les taux de survie des patients et leur qualité de vie, l'Allemagne débattant actuellement d'un projet de loi visant à autoriser des échanges similaires après des décennies de retard.
Biopreparat : l'armée invisible de l'URSS
Biopreparat constituait un programme clandestin de guerre biologique soviétique employant plus de 50 000 personnes pour industrialiser des pathogènes tels que le charbon et la variole en vue d'un usage militaire. Malgré le Protocole de Genève de 1925 interdisant les armes biologiques, l'URSS a maintenu une infrastructure massive et non réglementée dédiée à la militarisation des maladies par le biais de technologies de pulvérisation et de systèmes de dispersion par aérosol. Ce programme opérait sous le couvert de la production pharmaceutique tout en développant activement des capacités offensives dont le potentiel stratégique rivalisait avec celui des armes chimiques et nucléaires. Cet appareil militaire dissimulé représente l'un des projets de guerre biologique les plus importants et les plus dangereux de l'histoire, remettant en cause l'idée que les armes biologiques aient été effectivement interdites après le début du 20e siècle.